Chalutage en eau profonde interdit en Europe, pas en Espagne

chalutier pêche eau profonde

Longtemps décrié par les associations de défense de la nature, mais également par un grand nombre de citoyens européens, le chalutage en eau profonde est donc finalement banni de l’Europe depuis le 30 juin 2016. Une bonne nouvelle pour la préservation de la biodiversité marine, même si l’Espagne échappe à cette interdiction.

Les pressions des industriels

Le chalutage en eau profonde consiste à traîner un immense filet qui vient racler le fond des océans. De fait, les chaluts remontaient ainsi du corail parfois vieux de plus de 1000 ans, des poissons trop petits et toutes sortes d’animaux marins n’ayant aucun intérêt commercial. De fait, le tout était rejeté par dessus bord, mais le mal était déjà fait.
Ainsi, ce sont des écosystèmes déjà fragilisés par la pollution marine qui étaient totalement ravagés.

Un non-sens écologique et une absurdité économique financée à grands renforts de subventions qui ont été longtemps combattus par bon nombre d’ONG environnementales et de groupements politiques proches des milieux écologistes, le tout appuyé par des millions de citoyens au travers de pétitions en ligne.

filet chalutier

Il aura tout de même fallu huit ans d’un combat acharné pour parvenir à trouver un accord en France puis en Europe visant à interdire cette pratique dans les eaux du Vieux Continent.
A quatre ans de procédures législatives se sont en effet ajoutées quatre années supplémentaires durant lesquelles les grandes entreprises du secteur, Intermarché en tête pour la France, ont fait pression sur les politiques pour empêcher ou retarder le plus longtemps possible cette décision.

Une pratique toujours en vigueur en Espagne

Si le chalutage en eau profonde est donc interdit en Europe, l’Espagne continue de le pratiquer. En effet, l’accord initial qui devait englober l’ensemble des eaux territoriales, mais également l’Atlantique du centre-est et l’Atlantique du nord-est ne concerne finalement que les deux premières zones.

Il faut dire que l’Espagne a pesé de tout son poids dans les négociations pour exclure l’Atlantique du nord-est de cet accord, les chaluts espagnols pêchant essentiellement dans cette portion de l’océan. Il a en outre bénéficié de l’appui de Isabelle Thomas, rapporteuse européenne, mais également une proche du lobby du chalutage en eau profonde.

Résultat, une belle avancée pour la protection des fonds marins, mais avec une impression d’inachevé pour les ONG environnementales.

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